Université catholique de Louvain

Le projet MERCURE de communications informatiques à l'UCL

M. Lobelle

Ce document est une version remise à jour le 24 janvier 1990.

Sommaire

  1. Introduction
  2. L'interréseau de l'U.C.L.
  3. Choix, en termes du modèle ISO, du niveau de l'interconnexion dans l'architecture
  4. Choix des protocoles pour l'interréseau de l'U.C.L.
  5. Architecture de l'interréseau
  6. Première phase du projet MERCURE
  7. Interconnexion des réseaux locaux : l'interréseau
    1. Nature et localisation du réseau Dorsale de la première phase
    2. Connexion des réseaux côtes
    3. Prospective : Ce que pourrait être un futur réseau Dorsale en FDDI (fibres optiques)
  8. Organisation de la gestion de l'interréseau
    1. Responsabilité de la gestion des réseaux
    2. Les réseaux côtes
    3. Les réseaux de troisième niveau et les machines connectées aux réseaux "côtes".
    4. Le réseau dorsal et le Service des Réseaux d'Information
    5. Coordination du choix des adresses de machines sur l'interréseau U.C.L. - centralisation de l'attribution des identificateurs des réseaux locaux
  9. Un service global de courrier électronique pour l'U.C.L.
    1. Les besoins
    2. Architecture d'un système de courrier électronique
    3. Architecture du système de courrier électronique de l'U.C.L.
      1. Traduction des besoins en termes des composants de l'architecture d'un système de courrier électronique et contraintes techniques
      2. L'infrastructure proposée d'acheminement et d'archivage des messages de 1989 à 1991
      3. Les UA
    4. Coordination du choix des noms identifiant les membres de la communauté universitaire pour le courrier électronique
  10. Le groupe ILAN

Introduction

Dès 1985, dans le cadre de son Plan Informatique, l'U.C.L. a commencé à se doter de réseaux locaux d'ordinateurs, rattachés aux installations informatiques décentralisées Levant, Sciences 1 et Goria. Plusieurs autres entités de l'U.C.L. ont, depuis, également installé des réseaux locaux (Unité d'Informatique, Centre de Calcul, Faculté des Sciences Appliquées pour les activités didactiques, Faculté de Médecine, Faculté d'Agronomie, Administration Centrale, installations décentralisées LeW et Croix du Sud, etc.), ou le projettent.

Les réseaux locaux permettent de répondre aux besoins internes de groupes d'utilisateurs dont les ordinateurs sont connectés au même réseau. Ces groupes correspondent à des équipes de personnes qui travaillent ensemble. Les réseaux locaux permettent d'offrir des services, qui ne pourraient s'envisager sans leur existence, tels que le courrier électronique, l'utilisation interactive de n'importe quel ordinateur connecté au réseau (pourvu qu'on y soit autorisé), le partage de ressources telles que disques et imprimantes, ou les terminaux-X qui permettent même de travailler simultanément sur plusieurs ordinateurs, etc. Pour que cette coopération entre ordinateurs soit possible, deux conditions doivent être remplies :

  1. les ordinateurs doivent être connectés par un réseau ou un ensemble de réseaux interconnectés;
  2. les ordinateurs doivent "parler le même langage" et ce langage doit pouvoir être transmis à travers le réseau ou l'ensemble de réseaux interconnectés. Les langages utilisés par les ordinateurs pour communiquer entre eux sont appelés des protocoles. Il faut que les ordinateurs coopérant utilisent les mêmes protocoles et il faut que ces protocoles puissent être transmis à travers le réseau ou l'ensemble de réseaux interconnectés.
Comme dans toute organisation, les besoins de communication au sein de l'U.C.L. ne se limitent pas aux groupes de personnes faisant partie d'une même équipe, quoique les besoins principaux se situent au niveau de l'équipe. Les besoins de communication informatique entre personnes d'équipes différentes ne peuvent être satisfaits que si on veille à prendre des mesures positives pour les satisfaire.

Lors de la réunion du Conseil Académique du 3 octobre 1988, l'U.C.L. s'est fixé une politique générale en matière de réseaux informatiques dans le but de permettre la coopération entre tous les ordinateurs de l'Université et d'offrir aux membres de la communauté universitaire un ensemble de services globaux de communication informatisée.

La politique choisie laisse à chaque entité un maximum de liberté tout en définissant un certain nombre de précautions à prendre pour rendre possible l'accès aux services globaux. Elle définit, par exemple, les protocoles à utiliser pour communiquer en dehors de chaque équipe, tout en permettant d'utiliser d'autres protocoles en leur sein. Ce document présente le projet MERCURE de communications informatiques à l'U.C.L. Ce projet met en oeuvre la politique choisie.

L'interréseau de l'U.C.L.

L'Université a décidé de se doter d'un moyen de communication informatique accessible à tous (comme elle se préoccupe d'offrir un service téléphonique). Un tel moyen de communication est une condition nécessaire pour permettre l'organisation d'un certain nombre de services globaux tels que la messagerie électronique, l'accès à des bases d'information communes, le transfert de fichiers, la possibilité de se connecter à d'autres ordinateurs (pour autant qu'on y soit admis comme utilisateur), etc.

Dans la mesure où cela reste compatible avec ce premier objectif, ce moyen de communication permet également à des ordinateurs utilisant des protocoles différents de ceux définis pour les services globaux, de coopérer à travers ce moyen de communication.

Ce moyen de communication informatique global de l'U.C.L. consiste en l'interconnexion des divers réseaux locaux de l'U.C.L. pour former un interréseau. (1)

L'existence de ce moyen de communication n'est cependant pas une condition suffisante : les logiciels utilisés par les différents interlocuteurs doivent être basés sur les mêmes protocoles.

D'autre part, l'existence de ce moyen de communication impose aux gestionnaires des systèmes informatiques qui y sont connectés de prendre les précautions classiques pour garantir la confidentialité des informations : dès qu'on installe un réseau, chaque gestionnaire de machine connectée doit prendre les mêmes précautions que s'il plaçait un terminal connecté à sa machine dans un lieu public, et même davantage.

Choix, en termes du modèle ISO, du niveau de l'interconnexion dans l'architecture des réseaux de l'U.C.L.

L'ISO (Organisation Internationale de Standardisation) a défini un modèle auquel on se réfère le plus souvent lorsqu'on discute des problèmes de réseaux d'ordinateurs. Selon ce modèle de référence, des ordinateurs communicants utilisent des protocoles organisés en sept couches. Les protocoles de chaque couche exploitent le service offert par ceux de la couche immédiatement inférieure et offrent un service plus élaboré à la couche qui est au-dessus d'eux. Parmi ces couches, deux sont intéressantes pour la discussion qui suit : la couche 2, baptisée "couche de liaison de données", qui définit le protocole d'accès au réseau et la gestion de la communication entre deux ordinateurs connectés directement, et la couche 3, baptisée "couche du réseau", qui est chargée de l'acheminement de l'information de la machine source à la machine destination, éventuellement à travers un certain nombre de machines intermédiaires et de supports physiques différents.

L'interconnexion de réseaux locaux peut se faire de trois manières différentes :

  1. au moyen d'un logiciel situé au niveau 2 dans la classification ISO et baptisé passerelle ("bridge"),
  2. au moyen d'un logiciel situé au niveau 3 dans la classification ISO et baptisé routeur,
  3. au moyen de convertisseurs de protocoles application par application et couvrant les sept couches du modèle ISO.
La troisième solution permet d'utiliser n'importe quel protocole sur n'importe quel réseau, mais elle exige le développement de m x n x (n-1) logiciels convertisseurs de protocoles s'il y a m applications et n réseaux différents; en outre, rien ne garantit que tous les convertisseurs soient réalisables. Elle a donc été rejetée comme base de l'interconnexion des réseaux locaux de l'U.C.L.

La première solution se caractérise par deux graves inconvénients :

Ces trois arguments ont conduit à rejeter la solution de niveau 2 (passerelle). Les inconvénients qui précèdent n'existent pas lorsqu'on interconnecte des réseaux par des routeurs de niveau 3. La deuxième solution (routeur de niveau 3) est donc la seule techniquement raisonnable, ce qui a conduit l'U.C.L. à édicter la règle suivante :

L'interconnexion des réseaux locaux dans le cadre de l'interréseau de l'U.C.L. se fera, en règle générale, par routeurs situés au niveau 3 dans le modèle ISO.

Ceci n'interdit pas d'interconnecter certains réseaux entre eux par des passerelles de niveau 2, lorsqu'il existe des impératifs techniques en faveur d'une telle solution et à condition que les gestionnaires des réseaux concernés soient conscients des conséquences de leur choix, en particulier de la nécessité de gérer collégialement les réseaux connectés par passerelles. Chacun de ces ensembles de réseaux interconnectés par passerelles est considéré comme un seul réseau par l'interréseau.

Choix des protocoles pour l'interréseau de l'U.C.L.

L'interconnexion de réseaux locaux par des routeurs de niveau 3 implique le choix du ou des formats des paquets d'information qui pourront être acheminés par ces routeurs. Ceci revient à choisir un ou des protocoles situés au niveau 3 dans le modèle de référence ISO. Ceux-ci devront être utilisés pour les communications entre interlocuteurs branchés à des réseaux locaux distincts. Ceci signifie que les protocoles des couches 4 à 7 du modèle ISO utilisés par les services communs devront s'appuyer sur celui ou ceux choisis pour le niveau 3. Ils devront donc appartenir à la même famille.

Après avoir défini le modèle de référence en sept couches pour les architectures de réseaux informatiques, l'ISO a commencé à standardiser des protocoles concrétisant ce modèle. Il va de soi qu'à terme ce seront des protocoles standardisés par l'ISO qui conviendront le mieux pour les réseaux hétérogènes liant des équipements de provenances diverses, tels que l'interréseau de l'U.C.L. Les protocoles ISO ne sont cependant pas encore tous entièrement définis. De plus, ceux qui sont définis ne sont pas encore suffisamment répandus pour pouvoir être utilisés de manière opérationnelle dans l'interréseau de l'U.C.L. En règle générale, il faudra attendre plusieurs années avant de pouvoir satisfaire les besoins de l'U.C.L. au moyen des seuls protocoles ISO.

Il existe cependant une autre famille de protocoles, les protocoles DDN (2), qui répondent bien aux besoins de l'U.C.L. et représentent une solution intérimaire très satisfaisante.

Ce choix offre les avantages suivants :

L'utilisation de protocoles unifiés ne doit pas être vue comme une contrainte faisant obstacle à la liberté de chacun. En effet, l'usage d'autres protocoles sur les réseaux constituant l'interréseau n'est pas interdit, pour autant qu'ils puissent coexister avec DDN sur ce réseau. L'usage d'autres protocoles resterait, néanmoins, limité : Les alternatives aux protocoles DDN sont des protocoles de constructeurs et sont, en tant que tels, inacceptables car faussant le jeu de la concurrence pour les marchés informatiques futurs.

Architecture de l'interréseau

L'architecture de l'interréseau est hiérarchisée. Elle comporte trois classes de réseaux :
classe 1 -
Un réseau dorsal (Dorsale) qui fait partie de l'infrastructure commune de l'Université et auquel ne sont connectés que des réseaux de classe 2, appelés réseaux "côtes" et certaines machines d'intérêt général, telles que le Centre de Calcul et le Centre de Tri du Courrier Electronique. Les équipements de connexion des réseaux côtes au dorsal font également partie de l'infrastructure commune de l'Université.
classe 2 -
Des réseaux côtes, tels que Levant, Sciences 1, CALC, Cochise, Halles, Goria, Croix du Sud et LeW, connectés au dorsal et desservant des quartiers.
classe 3 -
Des réseaux départementaux, d'unité, etc., connectés aux côtes, soit directement, soit via un autre réseau qui devrait, en général, dépendre de la même entité ou d'une entité englobante (par exemple, le réseau associé à un projet peut être connecté au réseau d'Unité, lui-même connecté à un réseau de département ou peut être connecté au réseau côte, ou toute solution intermédiaire).
Ces réseaux peuvent être de n'importe quel type (Ethernet, Token-Ring, LocalTalk...) pourvu qu'ils supportent les protocoles DDN, c'est-à-dire qu'ils permettent le passage de paquets DDN-IP (4).

Les réseaux sont connectés entre eux par des routeurs DDN-IP. Chaque réseau peut être divisé en tronçons par des passerelles de niveau 2 (MAC Level Bridge) afin d'augmenter la longueur réalisable ou afin de confiner une partie du trafic dans une partie du réseau. L'ensemble des tronçons d'un réseau est géré comme un tout.

La structure hiérarchique de l'interréseau n'interdit pas l'adjonction d'autres liaisons entre les sous-réseaux, là où le trafic le justifie.

Dans le futur, l'interréseau devra migrer vers les protocoles ISO, lorsque ceux-ci deviendront disponibles en pratique. Pendant la transition, il supportera les deux familles de protocoles, DDN et ISO.

Première phase du projet MERCURE

Le Conseil d'Administration de l'U.C.L. a approuvé le 21 juin 1989 la première phase de réalisation du projet MERCURE.

Celle-ci comporte l'interconnexion, via un réseau dorsal provisoire, d'un certain nombre de réseaux locaux existants ou en projet, promus à la fonction de réseaux côtes. Cette première phase comporte, en outre, la mise en service d'un système global de courrier électronique pour l'Université et la mise en place du mode de gestion de l'interréseau et du service responsable, notamment, de l'infrastructure commune et des services communs (courrier électronique, gestion répartie des imprimantes, etc.). La mise en service de cette première phase est prévue par étapes au cours du dernier trimestre 1989.

Interconnexion des réseaux locaux : l'interréseau

Nature et localisation du réseau Dorsale de la première phase

A terme, le réseau Dorsale (adresse : 130.104.1.0) devra être un réseau local rapide tel que FDDI (réseau en fibre optique à 100 Mbps). Ce genre de réseau ne peut cependant pas s'envisager aujourd'hui dans des conditions économiquement réalistes pour une réalisation opérationnelle. Le réseau Dorsale est donc réalisé en Ethernet, le marché étant plus ouvert pour ce type de réseau. Ce réseau sera utilisé pendant deux ans, c'est-à-dire jusqu'en août 1991. A ce moment-là, sur base de l'évolution du trafic et de la technologie, on pourra décider son remplacement par un autre type de réseau mieux adapté (FDDI, par exemple), ou de continuer à l'utiliser pour une durée à déterminer.

Ce dorsal en Ethernet est très court et ne dessert que le bâtiment Archimède, où aboutissent actuellement les réseaux côtes, et le bâtiment Pythagore où est localisé le Centre de Calcul et où sera installée la machine servant de Centre de tri du Courrier Electronique.

Connexion des réseaux côtes

Les réseaux côtes seront raccordés au réseau Dorsale dans un local situé dans les caves du bâtiment Archimède via un routeur multiréseaux et multiprotocoles, utilisé pour la première phase avec le protocole DDN-IP. Les réseaux côtes impliqués dans cette première phase sont les suivants :
       Adresse          Nom            responsable

     130.104.02.0     Levant           H. Broze
     130.104.03.0     Sciences 1       Fr. Somers
     130.104.04.0     Cochise          J.P. Lemaître
     130.104.05.0     LeW              B. Debande
     130.104.06.0     Halles           Fr. Donckels
     130.104.07.0     Croix du Sud     S. Roumieux
     130.104.08.0     Goria            D. Dieudonné
     130.104.09.0     Esope            B. Paris
     130.104.10.0     Compas           J.P. Kuypers
     130.104.64.0     CALC             A. Debroux

Le routeur, de type "Wellfleet Link Node", contient six interfaces Ethernet (pour les réseaux Dorsale, Levant, Sciences 1, Halles, Cochise et Croix du Sud), une interface Token-Ring 16 Mbps (pour le réseau CALC) et deux interfaces série synchrone V.35, à 64 kbps, connectées respectivement à une ligne RTT louée vers Louvain-en-Woluwe et à une ligne privée U.C.L. en site propre vers le réseau Goria. Pour cette dernière ligne, il est fait usage d'une paire de modems rapides en bande de base.

Deux autres routeurs "Wellfleet Link Node" sont installés à Woluwé et sur le site "Goria". Ils ne sont dotés que d'une interface Ethernet et d'une interface V.35.

Pour la connexion des réseaux Sciences 1 et Halles, des liaisons en fibre optique sont utilisées. Ces fibres sont branchées d'une part au routeur du bâtiment Archimède et d'autre part au réseau côte. Ces fibres optiques pourront ultérieurement être intégrées dans le futur dorsal FDDI.

Les réseaux Dorsale, Levant, Cochise et Croix du Sud sont connectés directement au Wellfleet. A cet effet Cochise et Croix du Sud ont été prolongés respectivement à partir des bâtiments Lavoisier et Kellner, où sont placées des passerelles de niveau 2, jouant ici un rôle de répéteur.

Le Token-Ring CALC sera (en 1990) également connecté directement au routeur Wellfleet du bâtiment Archimède.

Prospective : Ce que pourrait être un futur réseau Dorsale en FDDI (fibres optiques)

Le dorsal en fibres optiques pourrait partir du bâtiment de Hemptinne, où un routeur devrait être installé pour connecter les Ethernet locaux. Il rejoindrait, via les fibres optiques existantes, le bâtiment Archimède où il réutiliserait le routeur Wellfleet du réseau Dorsale provisoire Ethernet. Il continuerait ensuite vers les Halles, où un autre routeur desservirait les réseaux du centre ville, puis rejoindrait un routeur situé dans le quartier des Sciences Humaines, à l'autre bout de la dalle du centre ville, pour enfin remonter vers un dernier routeur dans le quartier des sports (Hocaille).

Situation en juin 1989

Le réseau de l'U.C.L., en juin 1989 (les réseaux de classe 3 ne sont pas représentés)

Situation en février 1990

Le réseau de l'U.C.L., après mise en oeuvre de la première phase du projet MERCURE (les réseaux de classe 3 ne sont pas représentés)

(les passerelles représentées servent à permettre la mise en oeuvre de réseaux côtes longs : elles servent de répéteurs; leur fonction de filtrage est accessoire.)

Organisation de la gestion de l'interréseau

Responsabilité de la gestion des réseaux

La responsabilité de la gestion des réseaux est décentralisée. Les tâches de gestion sont réparties entre le Service des Réseaux d'Information (SRI), les gestionnaires des réseaux côtes et ceux des réseaux de classe 3. Le rôle principal est joué par les gestionnaires de réseaux côtes épaulés par le SRI. Les problèmes impliquant plus d'un réseau côte sont discutés au groupe ILAN, qui est un groupe de travail opérant en étroite collaboration avec la sous-commission Prospectives Techniques de la Commission de l'Informatique (5). Les responsables des réseaux côtes et du SRI sont membres du groupe ILAN. Les conflits sont tranchés par le président de la Commission de l'Informatique ou par la personne à laquelle il a délégué cette responsabilité.

Le travail de gestion d'un réseau, et plus particulièrement d'un réseau côte, représente une charge qui doit être prise en compte dans la décision d'implanter un réseau : il faut dégager des ressources financières pour l'installation et l'évolution du réseau mais aussi des ressources humaines pour assurer sa gestion. Pour garantir le bon fonctionnement de l'interréseau de l'U.C.L., on n'attribue de numéro de réseau que dans la mesure où le nom du responsable est connu et, pour les réseaux côtes, dans la mesure où ce dernier ou un de ses subordonnés peut consacrer le temps voulu à la gestion du réseau. Ce temps est estimé à 0,4 ETP (Equivalent Temps Plein). Pour de grands réseaux côtes, comme LeW, ce temps sera sans doute plus important. Il faut régulièrement vérifier si le personnel affecté à la gestion de chaque réseau côte est adéquat, en fonction de la charge réelle de cette tâche.

Les réseaux côtes

Le gestionnaire d'un réseau côte est responsable du bon fonctionnement de son réseau. Dans ces tâches, il peut se faire aider par le SRI.

Les réseaux de troisième niveau et les machines connectées aux réseaux "côtes"

Tout équipement, machine ou réseau, connecté à un réseau côte doit avoir un gestionnaire responsable qui servira d'interlocuteur au gestionnaire du réseau côte en cas de problème. Ce responsable préviendra le gestionnaire de réseau côte de la nature et du moment où se produira toute manipulation pouvant avoir des répercussions sur le réseau côte (connexion de la machine ou du réseau de classe 3, changement de logiciel ou de configuration, etc.).

Le routeur DDN-IP entre le réseau côte et le réseau de classe 3 est de la responsabilité du gestionnaire du réseau de classe 3. Les coûts d'achat et d'exploitation de ce routeur sont à charge de l'entité propriétaire du réseau de classe 3.

Le gestionnaire du réseau de classe 3 gère son réseau et décide des conditions de connexion d'autres réseaux de classe 3 au sien.

Le réseau dorsal et le Service des Réseaux d'Information

Pendant la mise en route de la première phase du projet MERCURE, la mission du Service des Réseaux d'Information est remplie par deux informaticiens universitaires expérimentés, J.P. Kuypers et A. Fontaine qui sont appuyés par diverses autres personnes. L'effectif opérationnel nécessaire est actuellement estimé à trois personnes et sera défini début 1990. Il devra être revu en fonction de l'évolution des besoins.

Après 24 mois, il est prévu d'évaluer l'efficacité de l'organisation de la gestion du réseau, en particulier du SRI, et, si besoin, d'adapter cette organisation. Il faudra aussi vérifier l'adéquation du personnel affecté à la gestion des réseaux côtes à la charge représentée par celle-ci.

Coordination du choix des adresses de machines sur l'interréseau U.C.L. - centralisation de l'attribution des identificateurs des réseaux locaux

Dans l'interconnexion d'un ensemble de réseaux différents par un routeur de niveau 3 basé sur les protocoles DDN, chaque machine est identifiée par un numéro appelé adresse DDN-IP. Ces adresses doivent être uniques dans l'interréseau et leur attribution doit donc se faire de manière concertée.

Il existe plusieurs formats d'adresses "DDN-IP". Tous comportent quatre octets. Celui qui convient à l'U.C.L., vu le nombre de machines qu'on envisage d'interconnecter (entre 254 et 64.516), est le format dit de "type B". Dans ce format, le numéro du réseau comporte deux octets. Il reste donc deux octets pour identifier les machines de l'U.C.L.

Le "Stanford Research Institute Network Information Center" (SRI-NIC) est un organisme central attribuant, au niveau mondial, des numéros de réseau DDN-IP aux organismes qui le demandent afin de garantir l'unicité de ces numéros. L'objectif est d'éviter qu'en connectant un jour deux réseaux on s'aperçoive qu'ils ont le même numéro. Un numéro de "type B" a été demandé par l'U.C.L. pour son interréseau : c'est le 130.104.0.0.

Grâce à cette démarche, il sera possible de connecter, si on le désire un jour, l'interréseau de l'U.C.L. à un autre réseau utilisant les mêmes protocoles sans risque de conflit d'adresses.

L'interréseau est divisé en, au maximum, 254 sous-réseaux de, au maximum, 254 machines chacun. Chaque réseau local est considéré comme un sous-réseau.

Pour garantir l'unicité des adresses "DDN-IP" des différents ordinateurs les numéros de sous-réseaux sont attribués de manière centralisée et on laisse au gestionnaire de chaque réseau local le soin d'attribuer les adresses des machines individuelles dans le sous-réseau formé par son réseau local.

Les numéros de sous-réseaux sont attribués aux réseaux locaux à connecter à l'interréseau par M. Lobelle, président du Groupe ILAN, sur mandat de la Commission de l'Informatique.

Sans précaution de ce genre, des conflits seraient inévitables : les fabricants installant des réseaux donnent toujours, par défaut, le même numéro à tous les réseaux qu'ils installent.

Un service global de courrier électronique pour l'U.C.L.

Les besoins

Les besoins de l'U.C.L. en matière de courrier électronique sont de deux types :
  1. Possibilité d'échanger du courrier avec des correspondants extérieurs à l'U.C.L. à travers les réseaux existants ou à venir : EARN/BITNET, EUNET, etc.
  2. Possibilité d'échanger du courrier entre membres de l'U.C.L. Dans ce cas il est important que chacun dispose, pour son courrier, du niveau de qualité auquel il est habitué, tant pour le contenu du courrier (accents) que pour l'interface du système de courrier électronique.

    Il est tout aussi important que toute personne ayant accès à un système informatique puisse communiquer avec n'importe quelle autre au sein de l'université, quels que soient les systèmes dont ils disposent (UNIX, VM/CMS, VMS, PC, Macintosh, etc.).

Ces deux classes de besoins devraient être satisfaites par le même système de courrier électronique. Dans ce courrier, il est souhaitable de pouvoir envoyer des fichiers de grande taille (20 à 30 Moctets) et/ou de contenu quelconque (fichiers de traitement de texte, données, sources FORTRAN, etc.), éventuellement par la mise en oeuvre d'un service de découpage (à partir des messages de 20 Koctets) et d'encodage . Pour les destinataires extérieurs à l'Université, on est cependant tributaire des capacités de décodage et de réassemblage dont ils disposent.

Ces deux classes de besoins doivent être étendues, en réception, à tout le personnel de l'Université par conversion automatique vers le courrier-papier pour les personnes ne disposant pas de boîte aux lettres électronique.

Architecture d'un système de courrier électronique

Un système de courrier électronique est, selon le modèle adopté par les normes internationales (X.400/88), un logiciel d'application réparti asynchrone qui achemine, en différé, des messages entre ses utilisateurs. Ces messages sont constitués d'une enveloppe et d'un contenu. Comme pour du courrier-papier, l'enveloppe sert à inscrire l'adresse du destinataire, l'adresse de l'expéditeur et diverses informations destinées au système d'acheminement des messages. Le contenu n'est normalement pas touché par le système d'acheminement des messages (sauf si l'utilisateur a explicitement demandé une conversion). L'organisation interne du contenu est appelée architecture de contenu. Il suffit donc qu'un couple de destinataires s'entendent sur l'architecture de contenu, indépendamment du système d'acheminement des messages, pour qu'ils puissent échanger des informations particulières.

Un système de courrier électronique est composé de quatre types d'agents (qui sont des programmes) coopérant entre eux :

Ces deux dernières fonctions peuvent être cumulées par un même programme.

Architecture du système de courrier électronique de l'U.C.L.

Traduction des besoins en termes des composants de l'architecture d'un système de courrier électronique et contraintes techniques
Pour satisfaire les besoins exprimés ci-dessus, il faut installer un ensemble de MTA interconnectables entre eux (pas nécessairement deux à deux) et avec ceux des systèmes extérieurs tels que EARN/BITNET et EUNET et connectés à ces systèmes.

Il faut installer des MS (gestionnaires de boîtes aux lettres) accessibles aux UA des utilisateurs quand ceux-ci le souhaitent, et à tout moment par un MTA.

Il faudra de plus rendre possible pour chaque membre de la communauté l'acquisition d'un UA, compatible avec ces MS, qui

Il faut aussi choisir une architecture de contenu qui permette d'envoyer les informations souhaitées, soit compréhensible par tous les UA de l'U.C.L., puisse passer à travers les MTA de l'U.C.L. et puisse être envoyée aux correspondants extérieurs. Ceci est actuellement impossible, car les réseaux extérieurs ne laissent passer avec certitude que les petits messages (pas plus de quelques dizaines de milliers de caractères) limités aux caractères ASCII (7 bits) imprimables.

Pour le système d'acheminement des messages, il existe deux spécifications indépendantes des constructeurs : X.400/88 du CCITT et de l'ISO et RFC822 du DDN. A terme, il faudra migrer vers X.400/88, mais actuellement, il existe déjà à l'U.C.L. une ossature basée sur RFC822 et cette spécification est également utilisée dans les réseaux EARN/BITNET et EUNET. Aussi bien X.400 que RFC822 peuvent être supportés par un réseau DDN-IP, comme celui de l'U.C.L., et les possibilités de X.400/88 sont nettement supérieures à celles des systèmes basés sur RFC822. Tous les constructeurs travaillent actuellement à des produits basés sur X.400/88 et ceux-ci déferleront probablement sur le marché vers la fin de 1990 (7). A ce moment, le monde basculera sans doute de RFC822 vers X.400/88. Les implantations X.400 disponibles actuellement sont souvent basés sur X.400/84, une norme expérimentale provisoire, ou sont des hybrides entre X.400/84 et X.400/88.

L'infrastructure proposée d'acheminement et d'archivage des messages de 1989 à 1991
Comme il ne semble pas raisonnable d'attendre 1991 pour mettre un système de courrier électronique en service, l'U.C.L. a décidé d'étendre, à moindres frais, le système existant basé sur RFC822 à l'ensemble de l'Université. Dans deux ans, on doublera ce système d'un système basé sur X.400/88 mais on installera une passerelle entre les deux systèmes dès que possible afin de préparer cette migration. Lorsque le système X.400/88 aura été mis en service, il sera possible à ceux qui n'ont pas besoin du nouveau service de conserver leur ancien UA.

Chaque machine contenant un MTA contiendra aussi les MS des utilisateurs qui y sont rattachés. Les MTA échangeront des messages de format RFC822. Il y aura deux types de MTA, chacun d'eux flanqué de MS et acceptant des UA clients locaux (sur la même machine) ou distants (p.ex., sur des PC ou des Macintosh).

Les MTA du premier type, appelés MTA principaux, feront partie de l'infrastructure commune de l'Université. Ils seront gérés par le SRI. Ces MTA principaux seront destinés au routage du courrier électronique, à la connexion aux réseaux extérieurs et au rattachement d'UA appartenant à des entités ne possédant pas de MTA local.

Les MTA du second type, appelés MTA locaux, appartiendront à des entités (unités, départements), serviront au rattachement des UA des membres de l'entité et seront configurés de sorte que leur gestion puisse être réduite à sa plus simple expression. Ces MTA locaux pourront envoyer tout courrier non local à un seul MTA principal qui se chargera du routage de celui-ci mais ils pourront connaître d'autres MTA; l'effet est le même pour les UA rattachés.

Dans la première phase du projet MERCURE, on utilisera comme MTA principaux le routeur de courrier EARN du Centre de Calcul et un routeur UNIX (ou éventuellement plusieurs si un grand nombre d'entités ne s'équipe que de UA). Une machine UNIX sera acquise pour y placer ce MTA principal. Cette machine devrait avoir accès à EUNET via DCS.

Dès que possible, il faudra installer au moins un MTA principal X.400/88 et une passerelle vers RFC822 pour rendre ce service possible pour ceux qui en ont besoin.

Les UA
L'U.C.L. doit disposer dans un premier temps d'UA pour les systèmes Mac OS, UNIX, OS/2, MS-DOS, VM/CMS et VAX VMS.

Sur VM/CMS, UNIX et MS-DOS, il existe des logiciels qui peuvent servir d'UA. Cependant ils ne sont prévus que pour des contenus limités à du texte non structuré en ASCII (7 bits). On pourrait assez facilement modifier la plupart de ces UA pour leur permettre d'accepter n'importe quel caractère (y compris caractères accentués et inclusion de fichiers quelconques).

Ceci permettrait d'avoir un groupe fermé d'utilisateurs disposant d'un meilleur service (accents, transfert de fichiers quelconques) mais les messages sortant de ce groupe devraient être traduits vers la forme plus simple.

Pour les Macintosh, des UA compatibles avec l'infrastructure d'acheminement de messages proposée ci-dessus seront prochainement disponibles.

Coordination du choix des noms identifiant les membres de la communauté universitaire pour le courrier électronique

Les deux principaux réseaux de messagerie électronique utilisés par les institutions de recherche en Belgique, EARN et EUNET, ont décidé d'harmoniser les noms des utilisateurs selon la "norme" DDN RFC 822, en attendant la possibilité d'utiliser la norme X.400 du CCITT (Comité Consultatif International pour la Téléphonie et la Télégraphie).

Ainsi, les personnes auront un nom du type désignation_interne.institution.ac.be

Ces noms doivent être sans accents.

L'institution "Université Catholique de Louvain" est désignée par le sigle "ucl".

La règle suivante est utilisée afin de coordonner les choix des désignations internes de personnes :

En attendant le mise en oeuvre des noms X.400, les membres de l'U.C.L. seront connus à l'extérieur, pour la messagerie électronique, sous des noms de type :

identificateur_personnel@entité.ucl.ac.be

L'entité (unité, service) est l'élément de la structure U.C.L. de plus bas niveau repris dans la liste d'adresses (c'est-à-dire plutôt unité ou département que faculté); s'il y a plusieurs entités, on prendra la première citée. Les personnes rattachées au cadre de plusieurs entités peuvent aussi se faire connaître sous plusieurs pseudonymes correspondant à ces entités.

A partir de la prochaine édition de la liste d'adresses U.C.L., les désignations de courrier électronique des gens qui y ont accès seront mentionnées.

Cette structure pour les noms permet d'identifier aisément les personnes et décentralise le choix des identificateurs au niveau des entités.

Cette règle n'interdit évidemment pas d'utiliser, au niveau des interfaces utilisateur, des adresses plus conviviales.

Le groupe ILAN

Le groupe ILAN (pour "Interconnected Local Area Networks") s'est formé spontanément fin 1987 pour discuter les problèmes posés par la gestion des différents réseaux de l'U.C.L., par leur développement et par leur interconnexion. Il regroupe des personnes soucieuses de ces problèmes et possédant une compétence technique dans le domaine des réseaux d'ordinateurs en général et des réseaux utilisés à l'U.C.L. en particulier. Il est ouvert aux personnes répondant à ces conditions.

L'objectif du groupe a été présenté à la Commission de l'Informatique qui l'a approuvé et a souhaité son extension pour que les diverses entités concernées y soient, autant que possible, représentées et pour que le groupe coopère avec la sous-commission Perspectives Techniques de la Commission de l'Informatique.

Le groupe a produit le document qui sert de base à la définition de la politique générale en matière de réseaux de l'U.C.L. Ce document a été approuvé par la Commission de l'Informatique et par le Conseil Académique du 3 octobre 1988.

Le projet MERCURE est un résultat des travaux du groupe. Le présent document, dont la version initiale a été approuvée par la Commission de l'Informatique du 14 juillet 1989, synthétise ce projet en se basant sur divers documents de travail du groupe.

Plusieurs documents de travail ont été rédigés dans le cadre du groupe ILAN. Ces documents ne sont en général pas diffusés en dehors du groupe au nom de celui-ci pour éviter que des opinions personnelles qui y seraient exprimées ne soient confondues avec l'opinion du groupe. Seuls sont diffusés les documents approuvés pour diffusion par le groupe. Les autres portent l'indication "diffusion restreinte".

Les membres du groupe et leur réseau ou entité de rattachement sont actuellement : MM. S. Roumieux (réseau Croix du Sud), H. Broze (réseaux Levant et FSAETDS), B. Debande (réseau LeW), A. Debroux (réseau CALC), Mme M.Fr. Declerfayt (réseaux INFO), MM. D. Dieudonné (réseau Goria), Fr. Donckels (réseau Halles), A. Fontaine (SRI), J.P. Kuypers (SRI), J.P. Lemaître (réseau Cochise), M. Lobelle (président du groupe ILAN), E. Milgrom (président de la Sous-Commision de Prospectives Techniques de la Commission de l'Informatique), B. Paris (PSP) et Fr. Somers (réseau Sciences 1).

Notes :

  1. Il est recommandé aux personnes qui effectuent des choix en matière de réseaux locaux de tenir compte des contraintes de cette interconnexion, dans la mesure où celles-ci ne sont pas contraires à leurs objectifs prioritaires. Si des choix restreignant les possibilités d'interconnexion leur apparaissaient préférables, la Commission de l'Informatique devrait en être préalablement informée.
  2. parfois appelés TCP/IP ou DARPA
  3. c'est-à-dire un service qui achemine des messages de format non-DDN en les emballant dans des paquets DDN-IP (4).
  4. DDN-IP est le protocole de niveau 3 de la famille de protocoles DDN.
  5. Le groupe ILAN est présenté dans la dixième section de ce document.
  6. Il est recommandé de posséder et d'avoir lu le livre "Internetworking with TCP/IP" de D. Comer, Prentice Hall, 1988.
  7. Les autres protocoles ISO ne se populariseront sans doute que plus tard.
Page : UCL | SRI | Interréseau UCL | Pointeurs utiles.
6 juillet 1996.
Responsable : Jean-Pierre Kuypers